Anisocorie

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L'anisocorie est l'existence d'une différence de taille entre les deux pupilles. Elle peut avoir une origine physiologique ou signer un problème plus important, notamment neurologique. Aussi est-il indispensable d'avoir un avis médical lorsqu'on constate son existence.

L’anisocorie : rappels physiologiques

L'iris est la partie colorée de l'œil alors que la pupille est la partie circulaire noire, au centre de l'iris. La pupille est un trou dans l'iris qui permet de doser la quantité de lumière qui accède à l'intérieur de l'œil. Ainsi, elle peut soit se dilater (mydriase) soit se contracter (myosis). Ces actions de dilatation ou de constriction se font par l'intermédiaire de muscles qui sont, eux-mêmes, contrôlés par le nerf oculosympathique (dilatation) et le 3e nerf crânien (constriction).

La taille normale de la pupille varie de 1,5 à 8 mm selon qu'elle est rétrécie au maximum ou dilatée.

On observe des différences physiologiques de la taille des pupilles entre les nouveau-nés chez qui la dilatation est moindre, les adolescents chez qui on observe une taille de dilatation maximale puis au fur et à mesure que l'âge avance, cette dilatation maximale diminue progressivement.

Définition de l'anisocorie

On distingue l'anisocorie : différence de taille entre les deux pupilles, de l'isocorie où les deux pupilles sont physiologiquement égales. On estime qu'il existe une anisocorie lorsque la différence de taille des deux pupilles est supérieure à 0,3 mm.

L'anisocorie est physiologique chez 20 % de la population. Dans ce cas, elle est totalement bénigne, on remarque alors un écart de pupilles peu important, non modifié par l'éclairage. De plus, le réflexe photomoteur et le réflexe d'accomodation-convergence sont normaux.

Il existe diverses causes à une anisocorie. Certaines sont bénignes mais d'autres sont potentiellement graves et revêtent un caractère d'urgence.

Ce peut être une urgence neurologique par exemple, il est donc important de pouvoir en déterminer la cause le plus rapidement possible. Pour cela, il existe différents examens à effectuer pour avancer dans l'établissement d'un diagnostic.

Une anisocorie supérieure à 1,5 mm est généralement pathologique. Elle appelle donc à valider quelle est pathologique et valider si la réaction à la lumière est normale ou pas.

On utilisera pour cela des tests à la lumière, des tests avec instillation de collyres et en fonction des résultats précédents, on pourra effectuer des examens complémentaires : IRM, radiographies pulmonaires, angio-IRM, angiographie cérébrale, qui pourront mettre en évidence la cause sous-jacente à traiter d'urgence (AVC, dissection carotidienne...).

L’anisocorie : les causes

Une anisocorie peut être liée à une pathologie neurologique ou l'utilisation de toxiques.

Mais ces causes ont elles-mêmes des étiologies qu'il faut retrouver au plus vite d'où l'utilisation d'examens radiologiques.

Le syndrome de Horner

Le syndrome de Horner ne met pas l'œil en danger mais il peut être le signe annonciateur d'une lésion sur la voie oculosympathique, elle-même en contact étroit avec de nombreuses structures. Ainsi, un AVC, une tumeur pulmonaire, une dissection carotidienne, un neuroblastome (chez le nourrisson ou l'enfant), une pathologie du sinus caverneux (infection grave...) peuvent être le signe d'un syndrome de Horner. L'instillation de collyre pourra confirmer le diagnostic et donner une indication sur le lieu de la lésion.

Dans 40 % des cas, il n'existe pas de cause identifiable.

La pathologie du 3e nerf crânien

Cette pathologie est presque toujours associée à un déficit au niveau de la mobilité oculaire et/ou une ptose (abaissement de la paupière supérieure). Elle peut indiquer un anévrysme intracrânien – ce qui constitue une urgence médicale –, une pathologie du sinus caverneux.

Utilisation de substances chimiques ou médicamenteuses

En cas de contact avec des substances chimiques comme celles utilisées pour le jardinage, de certains collyres ou des patchs pour traiter différentes affections, on peut être en présence d'anisocorie.

Un interrogatoire précis permettra de le détecter. Selon le produit responsable, l'effet dure de quelques heures à quelques jours.

La pupille tonique d'Adie

C'est une pathologie bénigne qui touche l'innervation parasympathique de la pupille. Elle peut être confirmée par l'instillation de collyres spécifiques. Sa cause est le plus souvent inexpliquée et exceptionnellement liée à une cause neurologique. Elle peut être liée à : un traumatisme, une infection, certaines maladies du système (polyarthrite rhumatoïde, périarthrite noueuse...).

Elle peut être uni ou bilatérale. L'œil a alors des difficultés à lire de près.

À noter : ainsi, face à une anisocorie, il faut rapidement pouvoir déterminer sa causepour traiter une pathologie neurologique potentiellement grave.

Le diagramme de prise en charge est codifié pour mettre en évidence des étiologies bénignes ou plus graves et orienter les examens (instillations collyres ou examens d'imagerie).

Ces pros peuvent vous aider