Le signe de Charles Bell correspond à une occlusion incomplète de la paupière par paralysie des muscles orbiculaires des paupières.
Signe de Charles Bell : qu’est-ce que c’est ?
Le signe de Charles Bell s’intègre dans un tableau de paralysie faciale.
Paralysie faciale
La paralysie faciale peut apparaître de façon isolée et soudaine (un matin, la personne se réveille avec une déviation du sourire) ou bien être associée à une maladie :
- Une paralysie faciale concerne le plus souvent une hémiface : côté droit ou gauche du visage.
- On distingue deux types de paralysie faciale :
- centrale : due à une lésion du cerveau ;
- périphérique : en lien avec une lésion nerveuse : un ou plusieurs nerfs crâniens.
- Quelle qu’elle soit, la paralysie faciale associe : effacement du pli nasogénien (trait du visage reliant la narine à la commissure de lèvre), chute de la commissure labiale, impossibilité de siffler ou de gonfler les joues, attraction de la bouche du côté sain lors du sourire.
D’autres signes, associés à ce tableau, permettent de différencier paralysie faciale centrale et périphérique.
Signe de Charles Bell : paralysie faciale centrale ou périphérique ?
Le signe de Charles Bell correspond à la fermeture incomplète de l’œil et à la bascule du globe oculaire vers le haut (on ne voit que le blanc de l’œil).
Il est absent dans une paralysie faciale centrale. Il permet donc de distinguer paralysie faciale centrale et périphérique, de façon évidente.
Les deux types de paralysies présentent d’autres caractéristiques qui leur sont propres.
- Concernant la paralysie faciale centrale, on relève les signes suivants :
- déficit moteur du membre supérieur homo latéral fréquemment associé ;
- dissociation automatico volontaire : atténuation de l’asymétrie faciale au cours de mouvements automatiques (mimiques spontanées, rires).
- La paralysie faciale périphérique se démarque quant à elle par :
- atteinte équivalente des parties supérieure et inférieure du visage ;
- élocution et mastication imparfaite ;
- effacement des rides du front.
La prise en charge d’une paralysie faciale n’est pas la même selon son origine. On ne traitera ici que des étiologies relatives à la paralysie faciale périphérique, associée au signe de Charles Bell.
Signe de Charles Bell et paralysie faciale périphérique
La cause la plus fréquente de paralysie faciale périphérique est la paralysie faciale a frigore.
Paralysie faciale a frigore
La cause de la paralysie faciale a frigore n’est pas clairement définie, d’où sa nomination. Elle serait liée à un processus inflammatoire ou viral.
Elle associe :
- installation brutale, souvent le matin au réveil ou après une exposition au froid, d’emblée maximale ou se complétant en moins de 48 heures ;
- précédée de douleurs rétro auriculaires, parfois d’une hyperacousie (amplification des sons) et/ou sensation d’engourdissement de la face ;
- atteinte faciale isolée : le reste de l’examen clinique est strictement normal notamment les autres nerfs crâniens.
Le traitement de la paralysie faciale a frigore doit être instauré dans les 72 premières heures afin de favoriser la récupération complète :
- prévention des complications oculaires de type kératite : larmes artificielles , pansement oculaire occlusif la nuit ;
- corticothérapie orale (1 mg/kg par jour pendant 10 jours).
L’évolution spontanée est favorable, surtout si la paralysie est incomplète. La récupération débute en 8 à 15 jours et la guérison est obtenue en moins de 2 mois dans la plupart des cas.
Paralysie faciale périphérique : autres causes
Elles sont nettement moins fréquentes, en revanche, le contexte de survenue y est plus clair ce qui facilite le traitement.
Ce sont :
- traumatisme crânien et fracture du rocher : traitement le plus souvent chirurgical, corticoïdes proposés pour les paralysies d’apparition secondaire ;
- origine vasculaire par ischémie du nerf facial, associée à d’autres déficits : relève d’une prise en charge spécialisée en Unité NeuroVasculaire ;
- maladie inflammatoire de type sclérose en plaques, sarcoïdose : traitement corticoïdes et immunosuppresseurs ;
- polyradiculonévrite aiguë type Guillain-Baré : indication à des mesures de réanimation, traitement complexe de type immunoglobulines ;
- infections virales et bactériennes : zona, maladie de Lyme, VIH, virus zika, oreillons… : traitement par antiviral (Aciclovir®) ± Immunoglobulines ;
- diabète dont le traitement repose sur des règles hygiéno-diététiques et l’insuline ;
- tumeur : prise en charge spécialisée ORL et cancérologie.
Tout signe de Charles Bell révélant une paralysie faciale périphérique nécessite une consultation médicale afin d’en identifier la cause et d’y adapter le traitement adéquat.