Exophorie

Sommaire

L’exophorie désigne un strabisme intermittent : tendance à la perte de parallélisme des axes visuels, déviés vers l’extérieur, souvent sous l’effet de la fatigue.

Le point dans notre article.

Exophorie : pour comprendre

Les troubles du parallélisme oculaire sont dus à la faiblesse d’un ou de plusieurs muscles de l’œil.

Bon à savoir : six muscles sont responsables de la mobilité oculaire. On compte 4 muscles droits : droit supérieur, droit inférieur, droit médial, droit latéral et 2 muscles obliques que sont l’oblique inférieur et l’oblique supérieur.

Hétérophories

Le terme hétérophorie regroupe un ensemble de défauts intermittents de parallélisme des axes visuels.

On définit différentes hétérophories en fonction de l'orientation de cette déviation des axes visuels :

  • ésophorie/exophorie : déviation respectivement vers le nez/la tempe ;
  • hyperphorie/hypophorie : vers le haut/le bas ;
  • excyclophorie/incyclophorie : mouvement de torsion : la partie supérieure de l’œil s'incline vers la tempe/vers le nez.

L’hétérophorie peut rester longtemps asymptomatique, invisible :

  • En effet, les muscles défaillants fournissent un effort compensatoire permanent afin de masquer le défaut de parallélisme.
  • L’hétérophorie n’apparaît donc que dans certaines circonstances : fatigue générale, consommation d’alcool ou de stupéfiants…

Sur le plan visuel, l’hétérophorie n’est pas perçue par le sujet lui-même :

  • On nomme réflexe de fusion l'aptitude du cerveau à aboutir, à partir de deux images différentes reçues (une pour chaque œil), à une perception finale unique.
  • Sans lui, les images se formeraient sur des points rétiniens non correspondants et la personne verrait double.

Hétérotropies

A contrario, l’hétérotropie regroupe un ensemble de défauts permanents de parallélisme des axes visuels. On parle alors plus volontiers de strabisme car l’anomalie est visible.

Différentes hétérotropies sont également identifiées :

  • ésotropie/exotropie : déviation respectivement vers le nez/la tempe ;
  • hypertropie/hypotropie : vers le haut/le bas ;
  • excyclotropie/incyclotropie : mouvement de torsion : la partie supérieure de l’œil s'incline vers la tempe/vers le nez.

Le strabisme a un retentissement à la fois visuel et psychologique :

  • Sur le plan visuel, tout comme pour l’hétérophorie, le réflexe de fusion permet de ne pas avoir de vision double. En revanche, le strabisme altère la vision stéréoscopique, en 3D, ce qui peut s’avérer gênant pour les activités de plein air, la conduite automobile...
  • Le retentissement psychologique et social du strabisme peut être important. L’indication opératoire est d’ailleurs plus souvent dépendante de ce dernier.

Symptômes de l’exophorie

L’exophorie est bien souvent silencieuse. L’hyperphorie est l’hétérophorie la plus symptomatique.

Le premier symptôme observé est la céphalée (maux de tête), diffuse ou frontale, apparue en fin de journée. D’autres signes sont parfois associés :

  • fatigue visuelle ;
  • picotements ;
  • brûlures ou larmoiements en vision de près, notamment à la lecture ;
  • hyperhémie conjonctivale (rougeur des yeux) ;
  • photophobie (intolérance à la lumière).

Un examen ophtalmique est nécessaire en cas de récurrence de ces symptômes.

Exophorie : quel traitement ?

La prise en charge de l’exophorie nécessite une évaluation par un spécialiste ophtalmologue (en moyenne, le délai d'obtention d'un rendez-vous est de 80 jours).

Chaque hétérophorie suggère un traitement différent.

Les grandes lignes de la prise en charge sont les suivantes :

  • rééducation par un orthoptiste, avec parfois nécessité d’un cache-œil ;
  • correction ophtalmologique par le port de lunettes.

Les collyres permettent de pallier à l’irritation oculaire. En cas de céphalées associées, il est nécessaire de consulter un médecin généraliste.

Plus spécifiquement, l’hétérotropie (strabisme) peut relever d’une chirurgie.

Ces pros peuvent vous aider