Amblyopie

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Trouble visuel méconnu, l'amblyopie touche pourtant de 5 à 10 % de la population. Ses origines sont ancrées dans l'enfance, pendant laquelle un déséquilibre du traitement des informations visuelles au niveau du cerveau se met progressivement en place, lorsque l'un des deux yeux prend le dessus sur l'autre.

Notre article vous dit tout sur les causes, les symptômes et la correction de l'amblyopie.

Amblyopie : syndrome de l’œil paresseux

L'amblyopie, ou syndrome de l’œil paresseux, est un trouble visuel à l'origine d'une baisse d'acuité d'un œil. Il entraîne une mauvaise perception des reliefs.

Les deux yeux n'envoient pas la même image à la zone du cerveau qui traite les informations visuelles, située dans le lobe occipital. Ainsi, au cours du temps, elle va mettre entre parenthèses les données provenant de l'œil défaillant.

Attention : si aucun traitement n'est suivi au cours de la phase de maturation de la vision, entre la naissance et l'âge de 8 ans, la perte de la vision, totale ou partielle, de l’œil atteint est inéluctable (ce qui justifie la réalisation d’un dépistage visuel chez tous les enfants).

Causes de l'amblyopie

L'amblyopie peut avoir diverses origines :

  • Le strabisme : lorsqu'un seul des deux yeux est touché par le strabisme, l'autre œil prend le dessus et devient progressivement le seul à envoyer des informations au cerveau.
  • Les troubles de la réfraction : si l'un des deux yeux est hypermétrope, myope ou astigmate, l'image floue qu'il transmet est peu à peu ignorée.
  • Une cataracte sur l'un des yeux, c'est-à-dire une opacité sur le cristallin.

Remarque : les cas d'amblyopie où les deux yeux sont touchés, plus rares, peuvent s'expliquer par un nystagmus, trouble qui affecte la stabilité du regard.

Signaux d'alerte de ce trouble

Comme l’œil sain compense la mauvaise vision du second, il est courant que l'enfant touché ne se plaigne pas, ce qui complique la pose du diagnostic. En effet, l’amblyopie est le plus souvent asymptomatique.

Cependant, certains comportements peuvent témoigner de la présence de l'affection :

  • l'enfant ferme souvent un œil, celui qui perçoit mal, pour mieux voir ;
  • l'enfant tourne toujours la tête du même côté pour observer ce qui l'intéresse.

À noter : en cas de doute concernant un strabisme chez le jeune enfant, il est indispensable de rapidement consulter un ophtalmologiste.

Amblyopie : quels traitements ?

La réussite des traitements dépend en grande partie de l'âge auquel ils débutent :

  • avant 2 ans, 99 % de réussite ;
  • jusqu'à 6 ans, 90 % de réussite ;
  • lorsqu'ils débutent après 8 ans, il n'y a quasiment aucun succès possible.

L'objectif des traitements est de contraindre l’œil amblyope à travailler.

Occlusion de l'œil dominant

L’œil dominant est masqué à l'aide d'un pansement occlusif :

  • L'occlusion est en général totale pendant la phase d'attaque du traitement. Sa durée varie en fonction de l'âge du patient (3 semaines pour un enfant de 3 ans, 4 semaines pour un enfant de 4 ans, etc.) et peut se prolonger jusqu'au moment ou l’œil amblyope récupère la même acuité visuelle que l’œil sain, ou qu'on observe une progression de l'acuité. Le pansement est changé tous les 2 à 3 jours, dans une pièce sombre. Il est préférable que l'enfant garde les yeux fermés.
  • Elle est ensuite partielle. L’œil paresseux est masqué 1 journée, puis l’œil dominant 3 jours pour un enfant de 3 ans, 4 jours à 4 ans, etc.

Un traitement d'entretien sera ensuite mené sur le long terme, jusqu'à l'âge de 12 ans.

Bon à savoir : lorsque le pansement est retiré de l’œil sain, l'enfant peut avoir des difficultés à voir pendant quelques jours. L'occlusion du second œil sera maintenue le temps que l'acuité visuelle initiale soit récupérée.

Pénalisation à l'atropine

Une autre approche consiste à pénaliser l’œil dominant en y instillant du sulfate d'atropine, sous forme de collyre, une fois par jour.

Ce produit entraîne une dilatation de la pupille, une paralysie des muscles présents au niveau de l’œil, ce qui génère une image floue.

À noter : une étude menée en 2002 chez 419 enfants souffrant d'amblyopie a montré que cette méthode est aussi efficace que l'occlusion. Ce traitement est généralement mieux toléré par les patients, jugé moins contraignant.

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